Méthodes et Techniques - Introduction
Vous trouverez dans cette rubrique un condensé des différents points traitant sur ma façon de travailler en observation et en photographie avec mes matériels.
Il y a des descriptifs sur mes méthodes de travail, sur la conception de certains accessoires utiles, sur mes ressentis vis à vis de certaines méthodes et de leur mise en pratique et d'autres sujets qui traitent, au global, de tous les retours d'expérience que j'ai eu sur l'utilisation des matériels.
N'hésitez pas à les commenter; le partage est une donnée importante et particulièrement enrichissante sur ces points.
Vous trouverez :
- Principes de base de l'acquisition astronomique
- Acquisition avec un APN sans autoguidage.
- Quelle sensibilité ISO avec un APN ?
- Quels temps de poses ?
- Utilisation d'un masque de Hartmann
- Equilibrage du télescope pour acquisition avec APN.
- Utilisation d'un masque de Bahtinov
- Utilisation d'un intervallomètre
Bonne lecture à vous !
Les bases de l'acquisition astronomique
Ou, autrement dit, celles de l'astrophoto....
Cette rubrique va vous permettre de mieux en comprendre les principes.
(source DeepSkyStacker )
Déjà, un peu de vocabulaire. En effet, ces termes sont couramment employés dans les Forums ou les sites dédiés à l’AstroPhoto. Il est donc nécessaire de les appréhender et de les connaître.
Images brutes (RAW)
Les Images brutes sont les images qui contiennent la vraie information : Ce sont vos acquisitions effectués par votre Caméra ou votre APN (Appareil Phot Numérique). Ces images doivent être, de préférence, en format de fichier RAW.
Darks
Les Darks sont utilisés pour enlever le signal dark des images brutes.
Avec les APN ou les Caméras, le capteur CMOS ou CCD génère un signal Dark qui dépend du temps d'exposition, de la température et de la sensibilité ISO.
Pour enlever ce signal des images, il vous faut utiliser un Maitre Dark qui contient uniquement ce signal. Ce Maitre Dark sera la combinaison des Darks que vous prendrez.
La meilleure méthode pour créer des Darks est de prendre des photos dans le noir (d'où le nom) avec l'objectif recouvert.
Les Darks doivent être créés avec les mêmes temps d'exposition, température et sensibilité ISO que les images RAW.
Comme la température est un facteur important, essayez de les acquérir pendant ou en fin de séance.
Prenez en quelques uns (de 10 à 20 s’avère suffisant. Cependant, sur le principe, plus il y en aura mieux ça sera). Le soft que vous utiliserez pour faire la compilation et le traitement génèrera le Maître Dark
Offsets (ou Bias)
Les Offsets sont utilisés pour enlever le signal de lecture du capteur CCD ou CMOS des images RAW.
Chaque capteur CCD ou CMOS génère un signal créé par l'électronique par le simple fait de lire le contenu du capteur.
Tout comme le Maître Dark, il faudra créer un Maître Offset.
Il est très simple de créer des offsets: il suffit juste de prendre une photo dans le noir avec le temps de pose le plus court possible (1/4000 de sec pour l’EOS par exemple).
Les offsets doivent être créés avec la même sensibilité ISO que les images. La température n'a aucune importance.
Prenez en quelques uns (de 10 à 20 s’avère suffisant. Cependant, sur le principe, plus il y en aura mieux ça sera). Le soft que vous utiliserez pour faire la compilation et le traitement génèrera le Maître Offset .
Flats (ou PLU)
Les Flats ou PLU sont utilisés pour corriger le vignettage et les défauts d'illumination dus aux poussières ou aux taches dans le train optique.
Pour créer des bons Flats il est très important de ne pas enlever la Caméra ou l’APN du télescope avant de les prendre et de ne pas changer la mise au point
Il y a plusieurs méthode possible pour les créer. Me concernant, j’utilise le bleu du ciel avec la mise au point d’un objet lointain ( ou éventuellement la Lune parfois visible dans les lueurs du matin ou de la fin d’après midi….
Certains laisse l’APN choisir le temps de pose en Auto. Je préfère prendre des flats avec des temps de poses similaires à mes acquisitions RAW.
Les Flats devraient être créés avec la même sensibilité ISO que les images. La température n'a pas d'importance.
Prenez en quelques uns (entre de 10 à 20 s’avère suffisant. Cependant, sur le principe, plus il y en aura mieux ça sera). Le soft que vous utiliserez pour faire la compilation et le traitement génèrera le Maître Flat .
Maintenant, je vais entamer le sujet sur les principes d’acquisition.
Quel est l’intérêt de faire et de combiner plusieurs acquisitions d’un objet photographié ?
L'objectif de la combinaison de plusieurs images (RAW) en une seule est uniquement d'augmenter le rapport signal/bruit. Les images obtenues sont ni plus lumineuses, ni plus colorées mais par contre elles ont beaucoup moins de bruit résiduel ce qui permet de pousser beaucoup plus le traitement et donc de faire ressortir beaucoup mieux les détails, les couleurs et d’affiner les contrastes.
Le nombre d’images nécessaires :
Le plus possible mais au delà d'un certain nombre c'est moins efficace. En effet, le rapport signal/bruit s'améliore avec la racine carrée du nombre d'images combinées et ce indépendamment du temps de pose de chaque image.
Ceci est vrai quelle que soit la méthode de traitement utilisée.
Cette règle signifie que si le rapport signal/bruit d'une image est de 1, en en combinant 10 le rapport signal/bruit du résultat est de 3.16 (racine carrée de 10). Pour 50 images, le rapport signal/bruit passe à 7.07, pour 100 images à 10 et pour 300 images à 17.32 !
On constate que pour gagner un facteur 7, il suffit de passer de 1 à 50 images, mais pour gagner le même facteur 7 au delà de 100 images il faut en ajouter 200 !
Dans l’absolu, et par expérience, combiner une centaine d’images donne déjà de très bons résultats !
Attention à l’idée arrêtée de dire 60 images de 30 sec = 15 images de 2 mns !
Mathématiquement parlant, le temps de pose globale est le même et le rapport signal/bruit également.
Mais le rendu sera nettement différent ! Un temps de pose plus long permettra d’obtenir un signal plus fort, donc plus riche en informations !
Par contre, le rapport signal/bruit d'une image de 2 minutes est égal à celui de la combinaison de 4 images de 30 secondes. De même, le rapport signal/bruit de la combinaison de 15 images de 2 minutes sera égal à celui de la combinaison de 60 images de 30 secondes.
Par ailleurs, il est possible d’empiler deux images ayant un rapport signal bruit différents mais par défaut ça sera le moins bon qui sera retenu pour le traitement.
Exemple : la galaxie NGC 772 .
La première photo vous montre une suite d'acquisitions avec des poses de 30 sec.

La photo ci dessous a été réalisée avec des acquisitions de 1 mn de pose. On a gagné en détails !

A propos des Darks, des Flats et des Offsets. Principe de la calibration des RAW.
La Calibration est l'opération qui consiste à soustraire le signal d'offset, soustraire le signal de dark et diviser par le signal de flat.
Le principe veut qu’il faut prendre des images Dark, Flat et Offsets pour obtenir les meilleures images possibles. En respectant certaines règles…
Si on utilise la règle de la racine carrée, les images Maîtres des Darks, Flats et Offsets seront bien plus propres si un grand nombre d'images est utilisé pour les créer.
Les images maîtres permettent, en effet, de retirer le signal Dark/Offset et de corriger la planéité (Flat) sans rajouter le bruit de base .
A partir du moment où le Maître Dark sera soustrait, lors du traitement, d'une image RAW, alors le signal Dark sera bien retiré mais son bruit sera ajouté.
Donc moins l'image Maître Dark contient de bruit, plus l'image obtenue par la calibration est propre.
Voilà pourquoi il est recommandé d’avoir un grand nombre d’images Dark, Flat ou Offset pour créer les maîtres idoines ; sans quoi, vous devrez empiler plus d’images RAW pour diminuer le bruit.
Acquisition avec un APN sans autoguidage
Ce post va vous expliquer comment je pratique l'acquisition avec le C8 avec l'EOS 500D sans autoguidage.
Pour rappel, les acquisitions sont faites avec un Tube C8 entraîné par une monture équatoriale GoTo HEQ5 .
Avant d'entamer tout type de travaux photos, effectuer une mise en station avec alignement sur 3 étoiles. Puis, déclencher le suivi sidéral en vitesse X 1.
Je vous recommande d’aller lire l’article (à venir prochainement !) sur la mise en station avec une HEQ5 Pro à cet effet.
Le matériel :
En préambule, il est nécessaire de lister le matériel utilisé.
Pour l’acquisition :
- un APN (Appareil Photo Numérique) : dans mon cas, le Canon EOS 500D.
- un adaptateur (coulant 31.5mm pour le C8) avec la bague T de raccord spécifique au CANON
- un déclencheur souple raccordé à l’APN.
- Un masque de Hartmann (voir l’article dédié sur les accessoires )
Pour le traitement :
- Un PC avec un bon processeur (au moins un DualCore) et de la mémoire RAM (2 Giga minimum. Vous avez plus ? tant mieux !)
- Un logiciel de traitement dédié à l’astrophoto comme IRIS ou Deepskystacker.
- Un logiciel de retouche photo comme PhotoShop ou Paint Shop Pro
Les préparatifs :
Sortir d’abord l’APN au moins 1h30 à l’avance à l’extérieur pour qu’il prenne (surtout son détecteur CMOS) la température.
Connecter le déclencheur souple.
Repérage des objets à photographier :
Il est plus simple de travailler avec un GoTo. Le principe consiste à :
a) orienter le télescope sur un objet par le biais de la raquette de commande, et le repérer à l’oculaire.
b) le réajuster s’il n’est pas correctement dans le champ de vision en le centrant.
c) enregistrer avec la raquette de commande les décalages occasionnés (Fonction PAE)
d) Repartir sur une étoile de 2ème magnitude la plus proche du Zénith puis ressaisir l’objet sur la raquette de commande. Le but de cette manœuvre est de vérifier que l’Objet va bien se retrouver au centre de l’oculaire (soit de valider si la fonction PAE a fonctionnée !)
e) Revenir à nouveau sur l’étoile de 2ème magnitude.
Mise au point :
a) Retirer l’oculaire.
b) Combiner l’adaptateur avec l’APN puis le fixer à l’arrière du télescope.
c) Allumer l’APN et se mettre en mode écran. Régler les ISO au max (3200 voir plus)
d) Effectuer une première mise au point jusqu’à voir l’étoile apparaître sur l’écran et régler au mieux.
e) Effectuer un agrandissement maximum sur l’écran de l’APN (X 10 pour L’EOS 500) en centrant l’étoile.
f) Placer le masque de Hartmann ( voir le post sur le masque de Hartmann) devant le tube du télescope.
g) Vous verrez alors 3 étoiles serrées apparaître sur l’écran de L’APN à la place de l’étoile.
h) Ajuster la mise au point en faisant coïncider les trois étoiles en une. Cette opération n’est pas toujours évidente mais bien prendre le temps de la faire : La qualité de la photographie n’en sera que meilleure !
Déroulement de la séance de prise de vue :
a) La mise en point est maintenant faite. Retirer le masque de Hartmann !
b) Programmer l’objet à photographier sur la raquette de commande GoTo.
c) Régler sur la pose manuelle (Bulb) de l’APN.
d) Déposer et bloquer le déclencheur souple pour éviter qu’il se balance et provoque des vibrations pendant les poses !
e) Déclencher une pose d’environ 1 mn (ce temps de pose est fonction de ce qu’on veut photographier : pour une planète comme Jupiter, quelques secondes suffisent)
f) Confirmer, par la visualisation sur l’écran de L’APN, que l’objet est bien présent. A ce stade, peu importe qu’il y ait du bruit ou du bougé d’image. Cette pose sert seulement à constater si l’objet est là.
g) Si l’objet n’est pas bien centré, utiliser les flèches directionnelles de la raquette pour y arriver. A chaque modification, effectuer une pose de 10-15 sec pour voir de quelle manière le champ d’étoile a bougé.
h) Quand l’objet est enfin centré, régler la sensibilité ISO désirée.
i) Régler le temps de pose désiré
j) Régler les prises de vue en mode « rafales »
k) S’assurer que les photos seront bien enregistrées en fichiers RAW.
l) Lancer l’acquisition par le déclencheur souple en bloquant le bouton sur ON.
m) Partir prendre un bon café…
n) De temps à autres, au bout de ¾ d’heure par exemple, arrêter l’acquisition et visualiser la dernière photo pour voir si le centrage initial du champ n’a pas trop bougé. Dans ce cas, cela signifie que le suivi est imparfait. On peut continuer comme cela après avoir recentré le champ et relancer les acquisitions. Ca n’a pas de conséquence dramatiques ; seulement que la registration sera plus compliquée lors du traitement logiciel.
o) Fin d’acquisition : débloquer le déclencheur souple pour la dernière photo.
Conseil : si possible, s’équiper d’une batterie de rechange pour l’APN. En effet, l’APN sera en utilisation constante. Il est donc fort probable que la batterie soit à plat au bout de 5h00 d’utilisation. Attention ! En hiver, le froid fait que la batterie se décharge encore plus vite (environ 3h00)!
Traitement des images :
Je ne parlerai que du traitement effectué avec les logiciels Iris, DeepSkyStacker et Paint Shop Pro Photo (PSP)
Iris et DeepSkystacker permettront de combiner les images Brutes RAW de la séance d’acquisition. Je ne m’embarquerai pas sur le mode d’emploi de ces softs car il existe des sites dédiés sur leur utilisation
Pour Iris : http://www.astrosurf.com/buil/iris/iris.htm.
Pour Deepskystacker : http://deepskystacker.free.fr/french/download.htm
Juste quelques conseils ou constats que j’ai pu faire :
a) Sous IRIS :
- Penser d’abord à supprimer les poses ayant un défaut de bougé. DeepSky est plus conviviale pour cette opération. Iris doit d’abord décoder les RAW et on est obligé de charger les images une par une.
- Penser à bien paramétré le Findstar ; c'est-à-dire la sensibilité de recherche d’étoile d’Iris pour la registration ; sinon il risque de prendre des points de bruit pour des étoiles…ce qui sera génant pour une registration automatique.
- Le drizzle est un outil puissant pour faire une addition optimale (avec atténuation du bruit). Attention en revanche à la taille de fichier de sortie !
- Pour gagner en piqué et corriger quelques soucis de d’étoiles allongées (légers!) je recommande l’algorithme Richardson Lucy. Un peu lourd en traitement mais efficace.
- La rehausse de la Dynamique (DDP) est bien pratique pour faire ressortir quelques détails (ciel profond)
- Bien utilisées, les commandes MAX et MIN sont des outils puissants pour supprimer les imperfections.
b) Sous DeepSkyStacker :
- Idem qu’Iris, penser d’abord à supprimer les poses ayant un défaut de bougé. L’avantage de Deep par rapport à Iris pour cette opération est qu’il permet de visionner chaque image, de sélectionner et de supprimer tout d’un bloc.
- DeppSkystacker n’est pas fait pour la retouche de photo. Un fois la recomposition effectuée, enregistrer l’image en Tiff et la traiter sous un soft adapté à la retouche photo (Photoshop ou PSp par exemple)
- Dans les réglages de paramètre, l’onglet dédié à la suppression de points chauds/froids et atténuation du bruit est très pratique. Mais attention à bien moduler ces valeurs avec parcimonie, sinon il y a un risque de suppression d’information de l’image.
Quelle sensibilité ISO avec un APN?
Quelle sensibilité ISO ? C'est un point qui nécessite de se faire ses propres expériences, néanmoins, il est bon de partir avec de bonnes bases !
Pour la photographie lunaire, la brillance de l’astre est telle qu’un réglage à 100 ISO est nettement suffisant.
Pour la photographie planétaire, un réglage entre 100 et 200 ISO suffit généralement ; surtout pour les planètes brillantes. Sur de forts grossissements, un 400 ISO peut être utilisé.
Pour la photographie du ciel profond, la norme est généralement de 800 ISO. Des clichés peuvent être tentés à 1600 ISO voir 3200 ISO mais le bruit sera amplifié. Il est donc nécessaire d’avoir, pour des sensibilités toujours plus élevées, un nombre toujours plus important de Darks, d’Offsets et de Flats bien réalisés.
Par exemple : si 20 darks minimum sont conseillés pour du 800 ISO, ne pas hésiter à en faire 40 pour du 1600 ISO. Plus il y aura de poses de Darks disponibles, plus le traitement des RAWs sera efficace.
Point important : la sensibilité ISO ne permet pas de capter plus de photons ! Elle servira en amplifier le signal reçu. Ce qui signifie que les détails d’une nébuleuses enregistrés sur un temps de pose de 30 sec, par exemple, seront toujours les mêmes que ce soit en 800 ISO ou en 1600 ISO. Seulement, en 1600 ISO, ils seront mieux visibles.
Quels temps de poses ?
Quels temps de poses sont nécessaires suivant ce qu'on souhaite acquérir?
Dans l’absolu, si on souhaite obtenir plus de détails sur une acquisition, il faut augmenter le temps de pose. Cependant, il n’y a pas de règles standards sur ce sujet. Chacun doit se faire sa propre expérience et essayer différents temps de pose avec différentes sensibilités.
Ce que je décris ci après sont des retours d'expériences que j’ai pu constater avec mon matériel, et servent juste à donner une orientation à cette question.
Pour la photographie lunaire, des poses de l’ordre de 1/20 à 1/50 de seconde sont suffisantes. Si on grossit pour focaliser sur des cratères d’une région, il faudra les augmenter un peu. ( 1/10 par exemple).
Pour la photographie planétaire, on va plutôt tourner entre 1/10 et 1 sec pour les planètes brillantes (Jupiter, Saturne, Mars, Vénus) suivant le grossissement. Plus pour les planètes plus faibles (Uranus)
Pour le ciel profond, au plus long ! Il y aura toujours plus de détails ! Les temps de poses unitaires au delà de 1 mn commenceront à détailler certains objets difficiles comme les nébuleuses et galaxies.
Attention cependant à certains objets brillants qui peuvent parfois saturer en luminosité. Exemple : le centre de certains amas globulaires comme M 15 ou M 92 qui sont difficiles à résoudre, photographiquement parlant, si on prend des temps de poses trop longs et des sensibilités trop élevées. Là encore, des tests sont à faire pour trouver le bon compromis.
Plus les temps de poses seront longs, plus la mise en station,le guidage et les corrections périodiques (PEC) devront être impeccables.
Au delà d'un certain temps de psoe, l'autoguidage s'avèrera nécessaire.
Utilisation d'un masque de Hartmann
Le masque de Hartmann :
Le principe :
Il s’agit d’un accessoire bien pratique pour effectuer des mises au point et de réglage de collimation. Personnellement, il me sert juste pour la mise au point. Je n’ai jamais été convaincu de son utilisation pour la collimation car je ne la trouve pas toujours très simple. Mais bon, ce n’est que mon opinion…
Je reviens par contre sur son utilité pour la mise au point. Il permettra d’en effectuer une de bonne qualité, à mon sens, sans nécessairement investir dans du matériel astro spécifique.
Il s’agit d’un cache en carton opaque ( ou autre matière) percé de 3 trous ( certains en font 4) de 4 à 5 cms de diamètre, réparties uniformément près de sa périphérie ( soit à 120 ° pour 3 trous, soit à 90° pour quatre). On peut aussi remplacer les trous par des triangles. Cela changera l'apparence de l'image de réglage.
Le cache se place à l’avant du tube du télescope de manière à ce que l’image d’une étoile non mise au point fera apparaître autant d’étoiles qu’il y a de trous.
Celà peut être utilisé pour faire une mise au point en observation (oculaire) ou pour une acquisition (APN)
En tournant la molette de mise au point, les étoiles ont tendance soit à s’aloigner les unes des autres, soit à se rapprocher. Lorsque les étoiles n’en forment plus qu’une, alors la mise au point est considérée comme bonne.
Images de gauche et du milieu, aspect de l'image en extra focale et en intra focale. En tournant la molette de mise au point, les trois étoiles convergeront vers le centre. Image de droite : les trois étoiles ont convergées en une seule. la mise au point est OK.
Astuce : afin de limiter les risque de déréglage de la mise au point dans le temps ( un des points faible des C8), essayez de faire la mise au point en tournant la molette dans le sens horaire. Le fait de pousser le miroir, plutôt que de le faire descendre, limitera le jeu mécanique résiduel et les risques de déréglage dûs au poids du miroir ( surtout si vous orientez le tube à la verticale! )
Avantages de cette méthode : peu coûteuse, rapide à mettre en œuvre. Permet d’obtenir une bonne mise au point
Inconvénients de cette méthode : si la turbulence est forte, les images ont tendance à « danser », ce qui rend le jugement de superposition des étoiles relatif. Ne permet pas (ou difficilement) une mise au point très précise.
La création du masque :
Je vous renvois sur différents sites qui présentent très bien la méthode et la conception d’un masque de Hartmann, à savoir :
+ http://www.astro.as2o.com/Articles/MasqueHartmann.html
+ http://www.astronomic.fr/index.php/2008/04/06/31-fabriquez-votre-masque-de-hartman
Equilibrage du C8 pour l'acquisition photo avec APN
Un autre point de réglage à ne pas négliger !
Lors d'un séance d'acquisition avec un APN au foyer, Ré-effectuer l’équilibrage du télescope, avec un léger déséquilibre coté Ouest afin de s’assurer que les systèmes d’entraînement aient le moins de jeu possible.
En pratique :
- Si le tube est du coté Ouest, alléger (remonter)les contrepoids coté Est.
Si le tube est coté Est, allourdir (descendre) les contrepoids coté Ouest.
Prudence ! Il s’agit d’un léger déréglage à effectuer ! Ne pas y aller trop fort sinon les contraintes mécaniques sur le système d’entraînement deviendront trop importantes, et risqueront de les abîmer à terme.( et en plus, certains clichés seront mauvais, montrant des décalages d’étoiles ; résultants des efforts mécaniques)
Utilisation d'un masque de Bahtinov
Le masque de Bahtinov
Le principe :
A l’instar du masque de Hartmann, le masque de Bahtinov est une autre solution pour faire une mise au point. Le principe repose sur le fait de décomposer l’image d’une étoile en trois faisceaux et de les faire coïncider comme le montre l’image ci-dessous à l’aide de la molette de mise au point du Télescope.

Image théorique de l'étoile de Bahtinov visible lorsque la mise au point est bonne.

Différentes étapes de la mise au point . Les images 2 et 4 sont bonnes. Les images 1 et 3 traduisent une mise au point insuffisante : il faut donc continuer jusqu'à obtenir les images 2 ou 4.
Lorsque le faisceau central est parfaitement au milieu des deux autres, alors on peut considérer que la mise au point est parfaite.
Ce masque est très pratique en astrophotographie, et certainement plus précis que le masque de Hartmann. En effet, pour ceux qui l'ont déjà utilisé, ils ont pu constater qu’il est difficile de faire la dernière petite touche de mise au point quand les trois étoiles sont rassemblées : il y a toujours une légère latence dans cette manipulation d’ajustement, où on ne sait pas si on est au plus net ; les trois étoiles étant rassemblées, mais ne montrant pas visuellement de mouvement pour juger si on est parfait ou pas…
Un masque de Bahtinov demande un peu plus de travail pour être fabriqué. La photo ci dessous vous montre un modèle. Il faut l’adapter au diamètre de sortie de l’instrument.

Modèle pour un masque de Bahtinov. Les lignes blanches représentent la matière à évider.
En ce qui me concerne, j’en ai fabriqué un à partir d’un jpeg que j’ai récupéré et que j’ai agrandis proportionnellement. Ce là donne de très bons résultats !

Mon masque de Bahtinov. Je l'ai découpé dans du papier plastifié ( affiche SNCF). Les deux charnières de métal sont juste là pour le maintenir à plat( comme il est souple, il a tendance à s'enrouler un peu!)

Ceci est un Bahtinov qu’on peut trouver dans le commerce sur certains site spécialisés.(PierroAstro) Prix entre 20 et 50 € selon les diamètres.
Utilisation :
1) Orienter l’instrument vers une étoile de 1er magnitude.
2) Placez le masque devant l’objectif.
3) Effectuez la mise au point jusqu’à voir apparaître les trois branches de l’étoile de Bahtinov, puis ajustez doucement la mise au point jusqu’à ce que la branche centrale soit parfaitement positionnée au milieu des deux autres.
4) Terminé ! Vous pouvez retirez le masque !
Avantages de cette méthode : Mise au point plus précise que le masque de Hartmann. Recommandé pour l’astrophotographie.
Inconvénients de cette méthode : plus difficile à créer soi moi même. Plus les lignes du masque seront nombreuses ( image de l’étoile de réglage plus nette), plus il sera nécessaire de viser une étoile brillante, voire très brillante !
La création du masque :
Télécharger l'image du masque ci dessous.

Les zones en noires sont à évider.
Le cercle extérieur correspond au diamètre de l'ouverture de votre instrument. Pour créer un masque adapté à votre ouverture, augmenter les dimensions de cette image proportionnellement d'autant
Imprimer le modèle obtenu.
Maintenez le ou coller le sur un support que vous pourrez découper simplement au cutter.( carton, feuille plastique, autres...)
Evider les zones en noires.
Découper le tour du diamètre extérieur.
Votre masque est prêt. Vous n'avez plus qu'à cibler une étoile brillante et faire les essais!
Utilisation d'un intervallomètre
L’intervallomètre :
Description et fonctionnement :
Cet appareil au nom barbare est un petit composant indispensable si vous souhaitez effectuer des poses unitaires supérieur à 30 sec. Il se présente comme un boîtier muni d’un écran et de quelques boutons pour effectuer les réglages des prises.
Branché directement à l’APN par la prise Jack, il agira indépendamment des paramètres initiaux de ce dernier. Ce qui signifie que si vous avez activité la fonction du miroir relevé avant de lancer l’acquisition, chaque pose sera déclenchée de la même manière : ce qui évite le bougé dû à l’action du miroir.
Ceci n’est plus vrai si on gère l’APN à partir d’un PC avec le programme fourni avec le Pack Canon.
On peut paramétrer l’intervallomètre avec :
a) le temps de pose (de 1 sec à 99 minutes) unitaire
b) l’intervalle entre les poses (jusqu’à 399 poses)
c) l’intervalle de départ avant le déclenchement de la série.
Exemple d’application :
On veut effectuer 60 poses de 2 mns de la galaxie M101.
1 : brancher l’intervallomètre sur l’APN
2 : placer les piles dans l’intervallomètre.
3 : Allumer l’APN et positionner sur le mode Manuel (M)
4 : régler les ISO, les balances de blancs et mettre en pose unitaire.
5 : mettre le temps de pose de l’APN sur BULB.
6 : paramétrer l’intervallométre en commençant par l’intervalle de départ. Exemple : 5 sec.
7 : saisir le temps de pose unitaire. Ici : 120 sec
8 : saisir l’intervalle entre les poses. Prendre le temps de pose + l’intervalle souhaité. Exemple : 120 sec + 7 sec = 127 sec.
9 : saisir le nombre de poses : Ici : 60.
10 : valider l’option lumière Oui/Non (non par défaut)
11 : fixer l’intervallométre pour qu’il ne bouge pas ( autour du tube par exemple avec un élastique ou autre système de maintien)
12 : appuyer sur MARCHE.
13 : les acquisitions démarrent !!
Où en trouver ?
L’intervallomètre que j’utilise est le TR 90 de la marque Phottix. Il est plus connu sur les sites marchand comme la Télécommande Filaire TR 90. Le prix est d’environ une cinquantaine d’euros. La connectique est assurée par une prise jack de type C6 et l’alimentation avec deux piles AAA (fournies normalement).


Avantages, Inconvénients :
Assez peu en réalité. Le seul bémol est qu’il est nécessaire de retirer les piles pour couper l’alimentation de l’appareil. Il n’y a pas, en effet, de bouton ON/OFF.
Cependant, ce n’est pas non plus la contrainte la plus pénible ; loin de là. Me concernant, cela ne me pose pas de problèmes; j'avais lu, en parcourant des posts, que certains avaient cassé le capot de protection de l'enlogement des piles. Il est vrai que celui ci n'est pas très épais, mais cependant, je pense qu'avec un peu de précautions, ça tient...






